LA SECONDE GUERRE MONDIALE (2GM) EN ASIE

L’Inde

Au XIXème, la production d’opium était considérable ; le monopole du Raj sur l’opium lui assurait 14% de son budget en 1880.

Pendant la première guerre mondiale, environ 1,4 million d’Indiens et de soldats britanniques de l’Armée britannique des Indes participent à la guerre, principalement en Irak et au Moyen-Orient. Pendant la deuxième guerre mondiale, ce ne sera plus 1,4 mais 2,5 millions.

À partir des années 1920, les organisations étudiantes deviennent des bastions indépendantistes. Dans les heures suivant le déclenchement de la seconde guerre mondiale en 1939, le vice-roi Lord Linlithgow déclare la guerre au nom de l’Inde, sans consulter aucun leader indien. Les ministres du parti du Congrès, au sein des gouvernements provinciaux, démissionnent en signe de protestation. La Ligue musulmane, en revanche, soutient la Grande-Bretagne. Les effectifs de l’Armée indienne sont multipliés par dix pour atteindre 2 millions d’hommes à la fin de la guerre ! Les soldats indiens jouent un rôle majeur dans de nombreuses campagnes, notamment en Irak, Libye, Italie, Birmanie. 24 000 sont tués, 64 000 blessés, 12 000 disparus et 60 000 capturés à Singapour en 1942. Les Britanniques dépensent en Inde de quoi produire des uniformes, des armes et des munitions, ce qui renforce encore le secteur industriel indien. Le Congrès lance en juillet 1942 le mouvement Quit India, demandant le retrait immédiat des Britanniques de l’Inde dans une énorme campagne de désobéissance civile nationale. Le 8 août 1942, l’administration du Raj fait arrêter tous les leaders du Congrès, mettant fin à Quit India en à peine six semaines. Des dizaines de milliers restent prisonniers jusqu’en 1945.  

Bose : Subhas Chandra Bose (1897- vraisemblablement mort le 18 août 1945 donc juste après les bombardements atomiques du Japon à Hiroshima le 6 août et Nagasaki le 9 août). Surnommé Netaji (Guide bien aimé). Placé sous résidence surveillée par le Raj, il réussit une évasion spectaculaire en janvier 1941. Il rejoint en Allemagne les forces de l’Axe dans l’espoir d’obtenir l’indépendance de l’Inde par la force. Deux ans plus tard, il accomplit une deuxième équipée spectaculaire d’Allemagne au Japon en sous-marin (janvier 1943). Dès lors avec le soutien du Japon (qui admire Bose alors qu’Hitler le méprise), il crée une Armée nationale indienne puis le Gouvernement provisoire de l’Inde libre. Ses efforts sont anéantis en 1944 quand les Britanniques repoussent et expulsent de Birmanie les Japonais et leurs supplétifs indiens. Bose meurt probablement des suites de brûlures après un accident d’avion à Taïwan.

Bose avec Himmler

 

Bose avec Hitler

Bose est un nom aussi répandu au Bengale que Dupont en France. On peut citer trois autres Bose :

Rash Behari Bose (1886 –1945) est l’autre Bose grand révolutionnaire. Né onze ans plus tôt. Obligé de s’enfuir à Tokyo en 1915, il épouse la fille du Japonais qui le cache. Ensuite et jusqu’à sa mort, il vit et milite à Bangkok pour l’indépendance de l’Inde.

Sir Jagadish Chandra Bose (JC Bose), 1858-1937, physicien et botaniste. Pionnier de la radio mais à la différence de Marconi, il n’a aucun intérêt pour la commercialisation de sa découverte. D’Angleterre, il écrit à Tagore : « J’aimerais que vous puissiez voir le terrible attachement que l’on a dans ce pays pour le profit, cette convoitise pour l’argent ».

Satyendranath Bose, 1894-1974, élève du précédent écrit un article fondateur de la mécanique quantique statistique, l’envoie à Einstein qui, impressionné, le traduit en allemand. En son honneur, boson désigne les particules obéissant à la statistique de Bose-Einstein.

 

M. N. Roy (1887-1954) dit Roy

Personnage hors norme, étrangement oublié. On le retrouve du Mexique à la Chine en passant par New York, le Moyen-Orient, l’Union soviétique, Berlin ou l’Indonésie. Pendant la Première Guerre mondiale, sous le pseudonyme Charles A. Martin, Roy à la recherche d’armes allemandes pour les révolutionnaires indiens, part pour Batavia (future Jakarta), puis Shanghaï, le Japon, la Corée, les Philippines. À Palo Alto, Californie, pour échapper aux services britanniques, il change son nom de Charles A. Martin en Manabendra Nath Roy.

MN Roy

Roy se lie d’amitié avec le président mexicain Venustiano Carranza et fonde le Parti communiste du Mexique. A l’invitation de Lénine il se rend à Moscou pour assister au IIe Congrès du Komintern. Il fonde le « Parti communiste d’Inde en exil » à Tachkent (1920). Brillant théoricien, il impressionne Lénine qui le fait nommer aux plus hautes instances de l’Internationale communiste, il dirige la délégation du Komintern en Chine en 1927 et publie  Revolution and Counter-revolution in China (1930). Roy rompt avec le Komintern (Internationale communiste) en 1929 et participe à l’Opposition communiste internationale, « l’Opposition de droite ». Il retourne en Inde, est arrêté par la police britannique et condamné en 1930 à 12 ans d’emprisonnement. Derrière les barreaux il rédige un manuscrit de 3000 pages, The Philosophical Consequence of Modern Science. À sa libération en 1936, il mène campagne contre tout autoritarisme, soutient la guerre anti-fasciste. Déçu par le communisme, il publie en 1948 une révision du marxisme dans Beyond Marxism et New Humanism.   

Il voue la troisième partie de sa vie à la formulation d’une philosophie alternative qu’il appelle Humanisme radical. Humanism signifiant défense de la raison face à une tyrannie religieuse. Roy meurt d’une crise cardiaque le 25 janvier 1954 à Dehradun. L’historien Roy Medvedev reçut ce prénom en sa mémoire.

 

 

MN Roy

L’Indochine

Hem Chieu : Achar Hèm Chiev (1898 – octobre 1943) bonze très populaire et professeur de pali (la langue du bouddhisme) à Phnom Penh. Il s’opposa aux tentatives des autorités coloniales françaises visant dans les années 1941-42 à romaniser la langue khmère (cambodgienne) c’est à dire à remplacer l’alphabet khmer par l’alphabet latin. Ceci pour les documents administratifs (pas les documents religieux). 

Le 18 juillet 1942, les autorités françaises arrêtent Hem Chieu , un tribunal militaire à Saïgon le condamne à mort, peine commuée en travaux forcés à perpétuité au bagne de Poulo Condor. Il y meurt un an plus tard. Un demi-siècle plus tôt, en 1897-1898, une épidémie de béribéri avait littéralement vidé ce bagne, tuant 405 personnes en 15 mois (Pierre Aubry). Ce bagne était bien connu pour transformer des nationalistes en communistes car les deux s’y côtoyaient. 

Pach Chheoun : (1896-1971) rédacteur en chef du journal en langue khmère Nagara vatta dont il est l’un des fondateurs. Il était marié à Douc Ok, sœur ainée du Professeur Douc Rasy. Pendant la Première Guerre Mondiale, il fut engagé volontaire, affecté en France au service des transmissions. En 1939, lui et ses amis parcouraient les pagodes du Cambodge pour répandre les idées patriotiques et nationalistes. En juillet 1942, pour faire libérer Hèm Chieu, se lève la « Révolte des Parasols », manifestation monstre de protestation des bonzes et de la population. L’administration coloniale arrête Pach Chhoeun et ses amis, elle ferme le journal Nagara vatta. Sihanouk tente de ridiculiser cette rare plongée des bonzes dans la politique, en l’appelant la « Révolte des ombrelles ». Pach Chhoeun fut condamné à mort, sentence commuée en peine de prison à vie au bagne de Poulo Condor. Mais contrairement à Hem Chieu, il survécut et fut libéré par les Japonais lors de leur coup de force du 9 mars 1945. 

Phedsarath Rattanavongsa (1890-1959) : prince (chao ou tiao, se prononce tsiao) et homme d’État laotien charismatique, son destin aurait pu être celui de Nehru en Inde, de Sihanouk au Cambodge ou de Soekarno en Indonésie : devenir chef d’Etat d’un pays indépendant. Mais Phedsarath était moins souple ou moins enclin à suivre le vent. Très populaire auprès des paysans car il « chassait les esprits malfaisants par ses pouvoirs magiques », il chassait les tigres mangeurs d’hommes de son tir précis à la carabine. On utilise son portrait ou amulette pour repousser les esprits qui rôdent.

Phedsarath est sans doute le seul Laotien à s’opposer ouvertement au fait que la moitié des fonctionnaires sont vietnamiens, et à dire tout haut ce que beaucoup pensaient de la politique coloniale de faire venir des Vietnamiens « race supérieure », concept tristement banal dans les empires coloniaux. Une fois en charge, Phedsarath augmente la proportion de fonctionnaires laos. Il s’oppose à Charles Rochet, directeur de l’éducation publique qui encourage l’écriture du lao avec des caractères latins au prétexte que le vietnamien s’écrit déjà ainsi. 

Pour maintenir une identité lao, il encourage son secrétaire particulier érudit Maha Sila Viravong à réunir des manuscrits. Maha Sila partage avec le prince une passion pour l’astronomie ce qui leur permet d’élaborer un nouveau calendrier. 

Seconde guerre mondiale. Pour contrer la propagande thaïlandaise et la japonaise, l’administration française soutient les identités vietnamienne ou cambodgienne. De même pour l’identité laotienne, que l’intelligentsia lao s’efforce de promouvoir et rénover. Charles Rochet fait donc construire 7000 écoles, plus que toutes celles édifiées depuis 47 ans. Pour Phethsarath, l’identité culturelle et religieuse lao est inséparable de l’écriture, et Rochet doit abandonner son idée d’alphabet latin. Le Laos sera indépendant en 1949 et le sera définitivement en 1954.

Photo : l’armée impériale japonaise attaque l’Indochine française au nord en septembre 940. D’où un statu quo : les Japonais peuvent  » stationner  » 8000 hommes en Indochine mais reconnaissent la souveraineté française.

Siam/Thaïlande

Pridi : Pridi Banomyong, docteur de l’Université de Paris en 1927. En 1942 il organise un mouvement clandestin de résistance aux Japonais. Mort en exil près de Paris à Antony, en 1983, Pridi est toujours (en son pays, particulièrement à l’Université Thammasat) un symbole de liberté et de résistance aux dictatures militaires. 

Phibun : Plaek Phibunsongkhram (1897-1964) dictateur militaire de la Thaïlande de 1938 à 1944 et de 1948 à 1957. En 1948 il reprit ses campagnes anti-chinoises, stoppa l’immigration des Chinois et entreprit de limiter leur présence économique, les écoles et associations chinoises furent de nouveau fermées. 

Prayoon Pamornmontri : né en 1897 dans l’ambassade à Berlin, où son père était attaché militaire siamois et sa mère une médecin allemand. Etudiant les sciences politiques à Paris, il rencontra Pridi le démocrate progressiste. Tous deux se retrouvaient dans les cafés et flânaient, esquissant leur projet pour le Siam : renverser la monarchie absolue. Ils créent le Parti du peuple 9 rue du Sommerard, Paris 5eme, le 5 février 1927. La monarchie fut renversée en 1932, et Prayoon nommé ministre de l’Éducation par Phibun Premier ministre. 

L’archipel indonésien

En mars 1942, l’armée hollandaise se rend aux Japonais qui occupent l’archipel et libèrent Soekarno qui fait le jeu du nouvel occupant, persuadé d’en tirer parti. Quelques jours après le bombardement nucléaire à Hiroshima, Soekarno lit la proclamation de l’indépendance de l’Indonésie, dont il est nommé le premier président. S’ensuivent contre les Néerlandais 4 années de conflit armé très dur, comparé à la guerre d’Algérie. Indépendance en 1949.

La Chine

À partir de 1922, en Chine, nationalistes et communistes s’allient contre les Occidentaux. Le général nationaliste Tchang Kaï-chek est envoyé en URSS en 1923 pour y rencontrer les dirigeants du Komintern, le « général rouge » est impressionné par la construction du nouvel État soviétique. En revanche, son épouse Song Meiling se considère comme américaine, « la seule partie asiatique en moi est mon visage ».  

Avec l’aide de conseillers soviétiques comme Borodine (ami de Roy rencontré au Mexique) et Galen, Tchang Kaï-chek s’empare de Nankin et Shanghaï en mars 1927. Il occupe les concessions occidentales et exige le retrait des troupes étrangères. Soudain Tchang retourne ses alliances et conclut des accords avec les Occidentaux de Shanghaï, avec les milieux d’affaires chinois et avec la Bande Verte, société secrète criminelle qui infiltre les milieux ouvriers ainsi Tchang liquide par milliers communistes, syndicalistes ouvriers et militants des unions paysannes, eux qui l’avaient aidé à s’emparer de la ville. Cf. La Condition humaine de Malraux.

Roosevelt ne communiquera avec Tchang Kaï-chek qu’à travers son anglophone épouse Song Meiling qui a un rapport particulier avec l’argent (ainsi que son entourage) ce qui explique en partie la victoire des communistes en 1949. 

Japon

Contrairement à une idée reçue, le Japon n’a pas toujours connu les samouraïs. Au VIIIe siècle, les hauts dignitaires et fonctionnaires, à l’école de la Chine et du confucianisme, méprisaient les activités qui faisaient verser le sang ou tuer, y compris les animaux. 

En 1868 l’empereur Mutsu Hito fait rentrer à marche forcée le Japon dans la voie du modernisme, ouvrant l’ère du Meiji, l’ère des Lumières. Les ex-samouraïs fournissent la plus grande partie des cadres de l’armée, de l’administration et même de l’industrie. Bien d’autres samouraïs s’opposent, se révoltent ou se suicident. L’armée impériale crée un empire colonial en 1894 en occupant Formose (Taïwan) et la Corée. Le shintoïsme est érigé en religion nationale et le bouddhisme persécuté : monastères bouddhistes rasés. Parti socialiste interdit.

Après la crise de 1929, les militaires envahissent la Mandchourie et une partie de la Chine du Nord, ils deviennent un Etat dans l’Etat par les assassinats politiques. Mais dans certains quartiers de Tokyo, on va voir des films américains, les étudiantes jouent au baseball, s’habillent et se coiffent à l’américaine, et veulent se marier par amour, les jeunes couples se tiennent la main et s’embrassent en public. Les militaires sont outrés. Credo du Général Araki : « Cent millions d’hommes, une seule pensée ». Le général Tojo : « Une fois dans sa vie, un homme doit savoir se jeter du haut de la terrasse du temple de Kiyomizu ». Si l’on est vaincu, il faut se suicider. En juillet 1941 le même général Tojo, surnommé « le Rasoir », débarque 30 000 hommes à Saïgon. Noël 1941 : prise de Hong Kong, des avions japonais répandent des tracts annonçant l’avenir radieux de l’Asie. 

Contrairement à tous les espoirs, l’occupant ne se soucie guère de donner l’indépendance aux pays envahis. Il impose dans les écoles l’enseignement du japonais.

Le cœur du problème : lutte mortelle entre deux idéologies

Komintern (1919-1943) : signifie en russe Internationale communiste (IC). Il regroupe 76 partis communistes nationaux répartis sur la planète. Il existe 21 conditions d’adhésion draconiennes : le parti membre doit développer une propagande communiste (y compris clandestinement dans l’armée et parmi les paysans) et doit soutenir « par des faits » (actions violentes) les mouvements libérateurs des colonies. Moscou abrite des écoles du Komintern pour les cadres des partis communistes du monde entier. En firent partie Dolores Ibarruri, Arthur Koestler, Willi Münzenberg, Palmiro Toggliatti, Eugen Fried, Jean Crémet, Jacques Rossi etc.   

Si les directives étaient élaborées à Moscou, la plaque tournante du Komintern pour l’Europe occidentale était Berlin, jusqu’à l’avènement d’Hitler en 1933, puis Paris jusqu’à sa dissolution en 1943. Après la signature du pacte germano-soviétique, en août 1939, le Comité exécutif de l’Internationale définit la guerre comme une « guerre injuste, réactionnaire, impérialiste » des deux côtés. Mais ce discours change du jour au lendemain après l’attaque hitlérienne contre l’URSS en juin 1941. 

Face au Komintern : le 1er novembre 1936, l’Allemagne et l’Italie annoncent un Axe Rome-Berlin qui n’est pas dirigé contre l’URSS mais fait suite à l’invasion de l’Ethiopie par l’Italie. 

Le 25 novembre 1936, suite au face à face Japon-URSS en Extrême-Orient, l’Allemagne anticommuniste et le Japon signent le « Pacte antikomintern » dirigé contre l’URSS. Mussolini peu motivé n’adhère que sur l’insistance d’Hitler. 

En 1940 les trois (Allemagne, Italie, Japon) signent le Pacte tripartite, connu sous le nom d’alliance de l’Axe. L’Axe reconnait l’hégémonie future de l’Allemagne sur l’Europe, de l’Italie sur la Méditerranée dont l’Afrique du Nord, du Japon sur l’Asie orientale et le Pacifique.

Cependant les partenaires de l’Axe ne développèrent jamais d’institutions pour coordonner leurs politiques étrangère ou militaire, contrairement aux Alliés. 

Non signataires, mais cobelligérants de l’Axe : Union soviétique jusqu’à son invasion par Hitler, Finlande, Irak, Thaïlande.

Smedley : last but not the least, Agnes Smedley, 1892-1950, une autre figure étrangement oubliée comme MN Roy. Journaliste américaine et militante féministe, activiste radicale puis communiste. Elle a défendu les droits des femmes, le contrôle des naissances et le bien-être des enfants. Elle s’est battue pour le planning familial à New York comme à Shanghaï, en un temps où c’était exceptionnellement ardu. Elle a soutenu la révolution chinoise de 1911. Pendant la première guerre mondiale, elle milite aux États-Unis pour l’indépendance de l’Inde, bénéficiant du soutien financier de l’Allemagne. Puis du soutien politique du Komintern pour promouvoir la révolution mondiale. Amie de Madame Sun Yat-sen, Carson McCullers et Pearl Buck, elle apprécie Nehru et Zhou Enlai.

Agnes Smedley a écrit six livres, dont une excellente biographie romancée, on dirait aujourd’hui une autofiction (Daughter of the earth, en traduction : Une Femme Seule) et une biographie du général chinois Zhu De. Elle a réalisé des reportages pour le New York Call, le Frankfurter Zeitung, le Manchester Guardian, et écrit pour la Modern ReviewThe New MassesThe New Republic et The Nation.

Fille d’un mineur, elle est née dans le Missouri. À l’âge de dix ans, la famille déménage au Colorado. A dix-sept ans, elle réussit l’examen d’enseignant du Nouveau-Mexique. Mais sa mère meurt épuisée par la misère, Agnes revient pour s’occuper de ses frères et sœurs. 

Elle se marie et déménage dans une université à San Diego mais elle en est renvoyée pour ses convictions socialistes. En 1918, divorcée et résidant à New York, elle est arrêtée et inculpée en vertu de la loi sur l’espionnage pour avoir tenté de susciter une rébellion contre le régime britannique en Inde. Jetée en prison, elle publiera Cell Mates, une collection d’histoires inspirées par des femmes rencontrées derrière les barreaux.

En 1920 en Allemagne, Agnes Smedley partage la vie du chef révolutionnaire indien Chatto (Virendranath Chattopadhyaya) qui parle telugu, tamil, bengali, urdu, persan, hindi, anglais, et se mettra au français, à l’allemand et au russe. Agnes crée la première clinique de contrôle des naissances de Berlin. 

Elle reviendra aux États-Unis en mai 1941 pour une tournée de conférences à travers tout le pays. J. Edgar Hoover ordonne au FBI d’enquêter sur son passé politique. Poursuivie par le maccarthysme, elle part pour l’Angleterre en 1949, en mauvaise santé et meurt à Oxford le 6 mai 1950. Une stèle lui est dédiée à Pékin au Cimetière révolutionnaire Babaoshan.